Introduction générale
            Depuis la fin de  la Première Guerre Mondiale jusqu’à nos jours, la scène internationale est fortement influencée par les Organisations Internationales. L’on a même l’impression que les Relations Internationales sont synonymes des Organisations Internationales. En effet, l’avènement de la Société Des Nations remplacée par l’Organisation des Nations Unies a régenté (dirigé) le comportement des acteurs de la scène internationale. C’est grâce aux Organisations Inter nationales qu’il a été créé le Droit Internationale. Des lors, ces dernières ont apporté une « discipline » sur la scène internationale. La question de la sécurité est au centre des enjeux des Organisations Internationales. L’organisation des Nations Unies a été véritablement créée pour garantir la sécurité collective. Ainsi, ce sont les conséquences désastreuses de la Première Guerre Mondiale et de la Seconde Guerre Mondiale qui vont pousser les Etats à associer leurs actions.
            L’actualité nous réconforte sur la nécessité de comprendre les Organisations Internationales. Le conflit syrien est édifiant à cet égard dans la mesure où l’Organisation des Nations Unies a permis un temps soit peu d’éviter l’invasion occidentale. Par ailleurs, les missions de maintien de la paix éparpillées de part le monde permettent de stabiliser les Relations Internationales. En outre, l’action des FATIM (Forces Armées Tchadiennes d’Intervention au Mali) qui a permis de libérer véritablement le Mali n’a été possible que dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies.
Or, depuis quelques décennies, l’Organisation des Nations Unies soulève des nombreuses questions dans la plupart des pays sous développés  où ses fondements et son action son contestés. Le dernier conflit ivoirien marquant le départ de Laurent Gbagbo, la chute de Ghadafi ou encore la chute de Sadam Hussein est diversement interprétée. Dans l’ensemble, les populations du Tiers-Monde voient en ces fins de règne le rôle de l’Organisation des Nations Unies. Des voix s’élèvent alors contre l’Organisation des Nations Unies. En plus au sein même des organes de l’instance mondiale, les relations sont très conflictuelles. Nous faisons notamment allusion aux détenteurs de veto qui sèment le désordre au niveau du Conseil de Sécurité alors des nombreuses personnes meurent sur le terrain.
            Au regard de tous ces faits, le Département d’Histoire de Ngaoundéré a créé un enseignement intitulé Les organisations Internationales. L’objectif général est : initier l’Etudiant aux concepts et à la problématique des Organisations Internationales.
Les objectifs spécifiques sont très nombreux au regard du nombre et de l’importance des Organisations Internationales. De façon méthodique, il s’agit pour nous de :
Ø rappeler les généralités sur les Relations Internationales;
Ø  définir et conceptualiser les Organisations Internationales;
Ø  comprendre la problématique de la sécurité collective et la sécurité humaine ;
Ø  saisir les fondements, les comportements et les problèmes de l’ONU ;
Ø  expliquer l’avènement et l’évolution des OING et des ONG;
Ø  comprendre le Cameroun dans les Organisations Internationales.
I- Généralités des Relations Internationales
L’analyse des Relations Internationales appelle nécessairement à la compréhension des Organisations Internationales dans la mesure où elles font parti des acteurs de la scène internationale. Des lors, que signifie Relations Internationales? Les Relations Internationales sont à priori une forme de relation. Ce signifie simplement qu’elles sont les lieux où se condensent des rapports d’intérêts entre des individus représentés à l’occasion par des Etats. Autrement dit, les Relations Internationales sont l’ensemble des rapports pacifiques et/ou conflictuels qu’entretiennent les Etats, acteurs principaux de la scène internationale. Or, l’environnement international n’est pas influencé uniquement par les Etats. En plus de ces derniers, nous avons ce que l’on appelle communément les acteurs illégaux. Ce sont des bandes des individus qui ne respectent aucune loi et donc qui font fi du Droit International. Ce sont des bandits de grand chemin, des trafiquants de tous ordres, des rebelles qui sèment l’insécurité aux frontières des Etats. De part leurs actions, ils menacent la sauvegarde de la sécurité collective.
En outre, il y a une catégorie d’acteurs plus ou moins illégaux : les habitants des zones frontalières. Ceux-ci violent fréquemment la souveraineté nationale des Etats afin de satisfaire leur besoin. Il s’agit par exemple des Tchadiens qui transgressent la frontière qui les sépare du Cameroun pour venir se ravitailler à Koussérie ou dans les marchés frontaliers. Dans ce cas, nous sommes d’accord avec Kissinger qui conçoit les relations internationales comme l’ensemble des faits sociaux internationalisés. En effet, une simple bagarre dans un marché frontalier peut dégénérer en un conflit interétatique.
Les Relations Internationales peuvent être définies comme l’ensemble des disciplines ou approches ayant pour objet d’étude la scène internationale. C’est donc l’ensemble des sciences qui analyse les faits sociaux internationalisés. Il n’existe une discipline académique appelée Relations Internationales. Les politologues, les historiens politiques, les sociologues politiques, les anthropologues politiques et de plus en plus des économistes et des géographes politiques fournissent des grilles d’analyse à partir de leurs méthodes initiales. Les études polémologiques s’appuient sur une interprétation textuelle  voire juridique de la scène internationale. La dimension chronologique est très négligée. C’est beaucoup plus les interprétations fondées sur l’actualité. Or, le fait social, qu’il soit national ou international, a des racines très profondes. D’où l’intérêt des approches historiques politiques.
L’histoire des Relations Internationales peut se définir comme l’analyse historienne c’est-à-dire tenant compte de la temporalité des faits sociaux internationalisés. Il s’agit véritablement de partir du présent international vers le passé afin de trouver les facteurs et les éléments explicatifs d’une actualité internationale. Comment comprendre la crise syrienne si l’on ne remonte pas à la chute de l’empire Ottoman et surtout à la création de l’empire anglais de Syrie. Par ailleurs, quelle bonne interprétation peut-on faire des crises politiques africaines si l’on ne maitrise pas les enjeux et les conséquences de la conférence de Berlin de 1884-1885 ? L’histoire des Relations Internationales est par conséquent très intéressant parce qu’elle prend en compte aussi bien les dimensions politiques, sociologiques, anthropologiques… des faits internationaux. Cette transversalité a permis de mieux comprendre le comportement des acteurs des Relations Internationales.
Les Relations Internationales s’occupent de trois à quatre choses. Tout d’abord, qui dit Relations Internationales dit l’analyse des théories des Relations Internationales. En outre, les spécialistes de la scène internationale s’intéressent fortement aux Organisations Internationales qui sont les sujets dérivés du Droit International. En plus, les études internationales traitent de la paix et de la guerre. Autrement dit, il s’agit de comprendre les modalités de la violence et les mécanismes pouvant garantir la paix dans le monde. En plus de ces trois principaux objets d’étude des Relations Internationales, nous avons de plus en plus l’analyse des acteurs illégaux transnationaux qui ignorent les frontières étatiques et qui s’enfutent du Droit Publique International (DPI).
En substance, nous pouvons retenir que les RI en tant que discipline ou objet d’étude, constituent un domaine des sciences politiques et se concentrent sur les relations qu’entretiennent les Etats, et sur celles qu’entretiennent les Etats et d’autres institutions. Il s’agit d’un domaine interdisciplinaire ou s’agrègent la politique, le droit, l’économie et l’histoire. Les sociologues nous permettent de distinguer une variété des sujets du Droit International. Cependant, l’Etat est le seul sujet originaire du Droit International.
Qu’est-ce qu’un sujet de Droit International ? C’est une personne juridique qui est soumise à une autorité souveraine (Etat). A travers cette définition, nous retenons qu’un sujet est avant tout une personne juridique. La personnalité juridique en Droit International se résume en trois critères :
- la capacité d’être titulaire de droits : il s’agit principalement de la possibilité de contracter des accords liant aux regards du Droit International et d’en bénéficier des humilités internationales ;
ü  la capacité d’être titulaire de devoir : autrement dit, il s’agit globalement de l’obligation de se conformer aux règles posées par le Droit International ;
ü  la capacité de se prévaloir de ses droits par voie de réclamation internationale. Autrement dit, il existe des « sujets majeurs » et des « sujets mineurs » en Relations Internationales.
Par ailleurs, un sujet de Relations Internationales est soumis à une autorité souveraine. Cette dernière est fortement désignée par l’Etat.
L’analyse de la scène internationale passe aussi par la maitrise des théories. Elles sont très nombreuses. L’on a l’impression que c’est chaque chercheur qui crée théorie des Relations Internationales. De façon générale, nous retenons deux grandes écoles, elles-mêmes subdivisées en plusieurs tendances qui se complètent et coexistent.
Il y a tout d’abord les approches dites réalistes. Elles se fondent sur quatre données principales :
ü  la prédominance du politique dans un environnement caractérisé par l’affrontement entre les relations interétatiques  et la confusion des flux internationaux ;
ü  l’anarchie originaire du milieu international qu’il est toute possible de réguler
ü  la présence d’une structure conditionnant la liberté d’action des entités composant le système international ;
ü  la faveur exprimée par une théorie générale des Relations Internationales.
Les théories dites transnationalistes : elles se rejoignent sur quatre données principales.
ü  L’affrontement permanent et non achevé entre un ordre étatique et les flux transnationaux non contrôlés par les Etats ;
ü  Elles ont toutes une tendance à la globalisation induisant des réactions de localisation ;
ü  La constitution de réseaux qui s’organisent en dehors de la logique territoriale ;
ü  Qui eradie le choix opéré en faveur d’une sociologie des Relations Internationales.
Ainsi, ces deux grandes écoles nous permettront de comprendre le comportement  des Organisations Internationales.
En somme, l’objectif de ce chapitre était de faire un bref rappel sur les généralités en Relations Internationales. Il en découle que le vocabulaire des Relations Internationales est très fourni et complexe. Déjà, il faut distinguer Relations Internationales et relations internationales qui désignent respectivement le contenant et le contenu des comportements des acteurs de la scène internationale. Par ailleurs, nous avons convenu que l’Etat est l’organisateur de la scène internationale, malgré l’existence de plusieurs acteurs sociologiques des Relations Internationales. En outre, parmi la multitude des théories explicatives des Relations Internationales, nous avons retenu deux grandes écoles à plusieurs tendances : les réalistes et les transnationalistes.
Comment concevoir les Organisations Internationales et quelles sont les théories explicatives de leurs comportements ?
 
 
 
 
 
 
 
 
II - Définition, conceptualisation et théorisation des relations internationales
Les Organisations Internationales sont une expression désignant l’ensemble des organismes traitant des Relations Internationales. Comme leurs noms indiquent, c’est un type d’organisation. Autrement dit, c’est un ensemble d’organes, d’organismes ou de membres qui ont décidé d’associer leurs actions afin de satisfaire un certain nombre d’objectifs communs. Dès lors, on peut les qualifier d’association ou de regroupement. Dans cet élan, ce sont des organisations dotées d’un certain nombre de droits et devoirs que doivent satisfaire ses membres. A ce niveau, nous pouvons comparer les Organisations Internationales comme nos associations villageoises.
Cependant, les Organisations Internationales diffèrent de ces dernières de part leurs membres, leurs situations géographiques et surtout les enjeux de leur création. En effet, en ce qui concerne les membres, les Organisations Internationales ne s’intéressent pas à l’individu. Il s’agit d’une association inter-nationale. En d’autres termes, c’est le regroupement des Nations. Par ailleurs, la nation implique, sur le plan du Droit International, la notion d’Etat. Dans ce cas, les Organisations Internationales sont des associations interétatiques régies par le Droit International. Elles sont avant des personnes juridiques. En ce qui concerne le critère géographique, nous constatons qu’il existe une diversité spatiale des Organisations Internationales. Il ya celles à vocation universelle ou universaliste (l’ONU et ses organes). D’autres qui regroupent des religions, des sous-régions, deux ou plusieurs Etats. Nous avons le cas de l’UE (Union Européenne) pour l’organisation internationale continentale ou le cas de la CEMAC (communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale) pour des organisations sous-régionales, le cas de la CBLT pour le bassin du lac tchad. Il existe aussi des organisations interétatiques au sens propre du terme. Le Cameroun et la Centrafrique ont créé une commission interétatique pour lutter contre l’insécurité transfrontalière.
En outre, les enjeux de création des Organisations Internationales en général sont hautement différents de nos associations villageoises. A l’origine, les premières Organisations Internationales ont été crées pour garantir la sécurité dans le monde. A la fin de la première guerre mondiale et surtout de seconde guerre mondiale, le monde découvre l’incapacité des Etats à garantir la paix internationale. Le président américain W. Wilson a donc proposé la création d’un organisme devant défendre la paix et la sécurité de tous par tous. C’est la naissance de la Société des Nations.
La conceptualisation des Organisations Internationales nous amène donc à les concevoir comme des associations d’Etat visant des objectifs communs divers. Cette première approche est fort limitée dans la mesure où elle ne s’intéresse qu’à l’Etat. Or, la scène international, l’avions-nous relevée, est soumise à l’action de plusieurs acteurs notamment les ONG. Dès lors, nous pouvons dire des Organisations Internationales qu’elles sont l’ensemble de regroupement ou d’associations d’entité étatique ou non étatique qui sont soumises à au Droit International et qui vise  l’atteinte des objectifs et des intérêts communs.
La théorisation des Organisations Internationales est une entreprise délicate comme nous l’avons relève ailleurs. Les théories des Relations Internationales sont diverses et diversifiées. Mais en ce qui concerne les théories des Organisations Internationales, elles sont facilement identifiables. Deux approches nous guident :
- Sur le plan de la scène économique, les Organisations Internationales sont considérées comme les entreprises qui doivent maximiser leurs intérêts. C’est une approche dictée par la nouvelle politique économique qui met en avant l’aspect économique des organisations ;
- La seconde approche, qui est la plus féconde, traite des théories des Relations Internationales. Les Organisations Internationales sont analysées le plus souvent à partir des théories dites libérales. Le libéralisme accorde une importance aux acteurs non étatiques de la scène internationale. A contrario, un rôle important est donné aux organisations de coopération interétatique, aux ONG, aux organisations humanitaires voire aux multinationales. A contrario, un rôle important est donné aux organisations de coopérations interétatiques, aux ONG, aux organisations humanitaires voire aux multinationales. Cette orientation théorique noue permet de dire que les Organisations Internationales obéissent aux comportements des acteurs transnationaux de la scène internationale. Il s’agit d’organisations qui n’ont pas les mêmes intérêts que l’Etat. Et qui plus est, les Organisations Internationales sont mieux comprises à travers les approches néolibérales. Ces dernières rejettent fortement l’implication de l’Etat dans la gestion de la scène internationale. Cette tendance au rejet de l’Etat est défendue par les institutions Bretton Woods.
En somme, les Organisations Internationales sont des entreprises internationales, des sujets dérivés du Droit Public International dont la majorité est organiquement rattachée à l’Etat. Toutes fois, sociologiquement, nous avons relevé que l’Etat n’agit pas seul sur la scène internationale. En dehors des Organisations Internationales au sens propre du terme, nous avons des OING, véritables entreprises transnationales. C’est pourquoi, dans l’interprétation de leurs activités, nous pouvons faire appel aux théories économiques notamment la nouvelle politique économique. Au demeurant, en tant qu’actrice de la scène internationale, les Organisations Internationales doivent être comprise des théories dites libérales à tendances néolibérales.
III-      La problématique de la sécurité collective et la sécurité humaine
Comme nous l’avons vue en première année, le monde au XXe siècle, au-delà des progrès constatés, est marqué par des crises.L’histoire contemporaine débute ainsi par la violence. Nous faisons allusion à la première et à la seconde guerre mondiale. Ces deux conflagrations vont changer l’évolution du monde.
(Bientôt la suite)